Les châteaux de la Renaissance à Seyssinet.

Copie d’une gravure allégorique du XVI e siècle, illustrant la fuite des animaux “venimeux” autour de la Tour Sans Venin.

ruines du château de Parizet

Dessin allégorique du XVI° siècle

Le château féodal de PARIZET, dont la construction a duré près de 150 ans, jusqu’au XIII ° siècle, est quasiment abandonné après la mort de Madame Philippe de Parizet, épouse de François du Vernet, la dernière du nom des Parizet. Les seigneurs du DAUPHIN, principaux héritiers du vieux domaine séjournèrent peut être épisodiquement dans le château, jusqu’au milieu du XIV° siècle, mais celui-ci faute d’entretien, devient rapidement inhabitable. Les historiens qui ont parlé du château, font état de l’existence de la tour, les murs du donjon, jusqu’en 1672, mais au début du XVIII° siècle, il est qualifié de « vieux fort ruiné « .

Les châteaux de Seyssinet, issus de la Renaissance française, sont tous, soit des transformations de vieilles bâtisses existantes (les premières « Bâties »), soit des reconstructions à partir de ruines.

Château des Combes aqua JCV

Château des Combes 1634

Le plus au sud, se trouve le « château de COMBE », dont le nom actuel « des Combes » indique la position particulière, un peu trop basse. La branche ainée de la famille de Ponnat de Garcin, seigneurs de Combe, occupe le domaine depuis sa construction jusqu’à la Révolution.

En 1562 Jean-Baptiste de PONNAT, Conseiller au Parlement de Grenoble Construit une maison d’habitation ne comprenant à l’origine qu’une cave voutée, un rez de chaussée et un étage.

En 1634 Le château est érigé dans sa forme actuelle avec ses deux tours mais avec un toit à faible pente et tuiles romaines.

Le domaine des Combes appartenait donc au XVI ° siècle à la famille de GARCIN et la tradition veut que ce château ait abrité Saint François de Sales lors de ses venues à Grenoble en 1616 et en 1618.

Jean-Baptiste de PONNAT de GARCIN, époux de Jeanne de Garcin et Conseiller au Parlement de Grenoble, mourut en 1628 et laissa le domaine à son fils Jean-Louis, nouveau Seigneur des Combes qui, de 1642 à 1696 fut maître ordinaire en la Chambre des Comptes du Dauphiné. Sans postérité, il institua comme héritier son petit neveu Jacques, baron de Gresse et Président au Parlement de Grenoble. Son fils Jacques-Antoine fut le dernier Seigneur des Combes, il émigra à la Révolution et tous ses biens furent pris par la République.

En 1789 La famille de PONNAT émigre à la Révolution et la propriété après “un an et demi d’absence” devient bien national.

Dès 1793 Vente par le district de Grenoble pour le prix de 37 700 livres à Monsieur BUISSON de la commune de Voreppe qui vend à Monsieur BUSCO, négociant le 6 thermidor de l’an 12

Un peu plus haut, accolé à l’église Saint Pierre (Cf. l’histoire dans un autre article), le vieux manoir des Eybert, puis des Garcin, construit à la même époque (fin du XVI° siècle), domine nettement la vallée. Les créneaux de la porte d’entrée ont disparu, mais la tour et les pavillons, ont été rénovés au XXI° siècle. Propriété de M. de Baratier jusqu’à la Révolution, le château devient bien national en 1789.

Manoir des Eybert photo JCV

Manoir des Eybert édifié en 1600, (actuel château Bietrix) et l’église Saint Pierre (origine du XI° siècle).

La maison de l’ancienne cure (jusqu’au XIX° siècle) se trouvait à coté.

Un peu plus bas, au nord, près du ruisseau qui descend des Arcelles, sur les restes de la première bâtie, maison forte des Colonges du XIV° siècle, demeure des Benoît, puis chef-lieu de la seigneurie de Roux de Commier fut rebâti un manoir avec tours et tourelles. Les successeurs, famille des Aymon de Franquères, transforment encore le bâtiment, avant de le céder au XVIII° siècle à M. de la Coste, qui en fut dépossédé à la Révolution.

Au dessus du village, une vieille bâtisse, appelée « de Vizant-Bel-Air » appartenait au seigneur d’Oisans, faisait partie du domaine de la Bâtie de Seyssinet, maison forte de Colonges. Il n’en restait que des ruines au XIX° siècle.

Première maison forte des Collonges photo JCV

Manoir de la Coste, construit sur les restes de la maison forte de Colonges du XIV° siècle (rénové au XX° siècle)

A la limite de l’ancien mandement de Parizet (entre Seyssinet-Pariset et Fontaine actuellement), le domaine de « LA BALME » apparaît dans les textes, dès 1346 : Guilleau de la Balme portait le nom de la maison qu’il possédait sur la paroisse de Saint Just au mandement de Parizet, c’était la VILLA de cette paroisse (au sens Gallo-romain du terme). Le nom de « La Balme » peut être attribué aux rochers en forme de falaises surplombant le domaine, aux pieds des Vouillants. Cette construction fut ensuite modifiée à plusieurs reprises, mais elle conserve sa forme primitive, un peu lourde. Elle passa aux Actuyers qui la vendirent aux de Chaulnes. La paroisse de St Just, dont il est fait mention précédemment est décrite dans le mandement de Parizet de 1339 : « Dans le mandement est la paroisse de Saint Just et la villa du dit Saint Just – Feux de la paroisse, 9 ».

Au XVII° siècle, il ne restait déjà plus de trace de l’ancienne chapelle, qui fut certainement un simple oratoire. Ce lieu de prière fut marqué par la présence d’une croix jusqu’à la Révolution. Au début du XX° siècle, un champ cultivé portait encore le nom de Saint Just, il était situé en bordure de l’actuelle avenue de la Balme.

Manoir de la Balme photo JCV

Manoir de la Balme (actuel) construit en limite du premier mandement de Parizet au XIV° siècle

Le site de Beauregard, dominant le village, apparaît dés le haut Moyen-âge sous l’appellation de « Grange de Beauregard » (Cf. article correspondant). En 1707, un premier bâtiment est construit par François de la Coste, Conseiller au Parlement de Grenoble, il est coseigneur de Parizet avec la Famille de Ponnat de Garcin de Combes. Au court du XIX° siècle, sous la propriété de la famille André Faure, puis Réal, il prendra sa forme actuelle. Jean Jacques Rousseau, puis ensuite Champollion y séjourneront régulièrement.

Demeure de Beauregard 1707

Les autres demeures bourgeoises érigées à la fin du XIX° siècle par les industriels grenoblois, le long du chemin de Grenoble, actuelle rue Antoine Chollier, méritent d’être décrites dans un autre article relatif à leur période (àCentralité, application des lois laïques, construction de la mairie, des écoles, de la maison des Postes.

Sources documentaires : A. de Vernisÿ (monographie de Seyssinet), Jean le Chatelier (histoire du château des Combes), Histoire des communes de l’Isère (Ed. Horvath) Photos JCV.

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